Samarah Maqbool : La promotion de la santé mentale et l’émergence d’une leader moderne

Samarah Maqbool : La promotion de la santé mentale et l’émergence d’une leader moderne
Samarah Maqbool : La promotion de la santé mentale et l’émergence d’une leader moderne

À quoi ressemble le leadership aujourd’hui? De plus en plus, il défie les attentes traditionnelles — et Samarah Maqbool contribue à redéfinir cette image. Jeune diplômée universitaire, fille de parents immigrants et ardente défenseure de la santé mentale, Maqbool incarne une nouvelle forme de leadership — ancrée dans un sens profond, l’empathie et l’action. Elle ouvre des portes aux autres, prend la parole sur les enjeux qui comptent et crée un impact concret dans sa communauté.

Maqbool vient tout juste de terminer sa quatrième année à l’Université McMaster, où elle a obtenu son diplôme en découverte et commercialisation biomédicale. Parallèlement à ses études, elle s’est engagée comme représentante de réseau pour Jack.org, le plus grand réseau canadien de jeunes qui soutiennent d’autres jeunes. L’organisme offre aux jeunes un espace sécuritaire pour apprendre au sujet de la santé mentale, soutenir leurs pairs, chercher de l’aide professionnelle et militer pour un avenir où ils pourront s’épanouir sur le plan du bien-être mental. Grâce à ses rôles de leadership et à ses conférences, elle a touché plus de 10 000 jeunes à travers le pays. Son dévouement — incluant plus de 3 000 heures de bénévolat — lui a valu des distinctions de la Ville de Mississauga, de l’Université McMaster et, plus récemment, le prix Étudiante de l’année d’Ascend Canada.

Une défenseure de la santé mentale par expérience

Le parcours de Maqbool en matière de santé mentale a commencé au secondaire — une période marquée par la pression scolaire, les attentes sociales et les demandes d’admission à l’université. Comme plusieurs de ses pairs, elle a grandi dans un environnement où la santé mentale n’était pas abordée ouvertement.
« On nous dit souvent d’ignorer nos sentiments jusqu’à ce qu’on redevienne “normal” », explique-t-elle.

En 11e année, le fardeau est devenu trop lourd. Elle s’est éloignée d’activités qu’elle aimait autrefois, sans savoir comment exprimer ce qu’elle ressentait. Un club de sensibilisation à la santé mentale, mené par des élèves, lui a donné les outils pour s’ouvrir à ses parents.

Cette expérience a été un tournant — celui qui a éveillé chez elle un profond engagement envers la défense de la santé mentale.
« Je me suis dit que si j’avais vécu cela, je ne devais pas être la seule », raconte-t-elle. Elle a donc décidé de trouver des moyens d’aider les autres — et, après avoir obtenu son diplôme d’études secondaire, elle a commencé à faire du bénévolat avec Jack.org.
« Grâce au programme Jack Talk Speaker, j’ai pu partager mon message avec d’autres jeunes dans les écoles et les communautés. Cela m’a permis de livrer ce message en tant que jeune, à d’autres jeunes. »

Allier ambition et soin de soi

L’expérience universitaire de Maqbool a été un véritable exercice d’équilibre. Elle a jonglé entre des études à temps plein, deux emplois à temps partiel et un horaire de bénévolat bien rempli — tout en restant fidèle à ses valeurs.
« C’était difficile au début, admet-elle, mais j’avais besoin de travailler et je voulais redonner. »

L’organisation a été la clé. Apprenante visuelle, Maqbool s’est appuyée sur des outils comme Google Agenda pour planifier non seulement ses cours et son travail, mais aussi ses moments de repos et de connexion.
« Ça m’a aidée à faire de la place pour ce qui me rend heureuse — comme faire de l’exercice ou passer du temps avec mes amis. » Elle jonglait avec des études à temps plein, deux emplois à temps partiel et un horaire de bénévolat chargé — alliant ambition et soin de soi tout en faisant preuve d’un leadership étudiant remarquable.

Elle a également appris à dire non.
« On a souvent peur que dire non nous fasse manquer des occasions. Mais dire oui à tout peut mener à l’épuisement. » Elle partage une citation qui la touche profondément :
« On ne peut pas remplir le seau des autres si le nôtre est vide. »

Un leadership ancré dans l’identité

L’héritage et la foi de Maqbool ont profondément influencé son style de leadership. En tant que musulmane et première génération canado-pakistanaise, ses valeurs reposent sur l’éducation, la communauté et le service.
« Dans notre communauté, nous nous appuyons beaucoup sur les autres — on nous encourage à soutenir et à demander du soutien », dit-elle.

L’importance du savoir dans le Coran façonne également son travail.
« En poursuivant un diplôme en STIM, je pose toujours des questions — qu’elles soient physiques ou spirituelles. Cette curiosité guide mon approche du leadership en santé mentale. »

Pour des ressources en santé mentale plus inclusives

Grâce à son militantisme, Maqbool est devenue une voix forte pour rendre les ressources en santé mentale plus inclusives.
« Beaucoup de ressources existent, mais pense-t-on vraiment aux jeunes lorsqu’on les conçoit? » demande-t-elle.

À l’université, elle a souvent constaté que les services offerts ne correspondaient pas à ses besoins ou ne reflétaient pas son vécu.
« C’est là que j’ai compris à quel point il est crucial de consulter les jeunes — surtout ceux issus de communautés sous-représentées. »

Dans son rôle de conseillère chez Jack.org, elle veille à ce que les jeunes Autochtones, les étudiants racisés et d’autres personnes issues de milieux marginalisés soient inclus dans la conversation.
« Le vrai changement vient du fait de poser les bonnes questions — et de ne pas abandonner quand les réponses tardent à venir. »

Persistance, curiosité et action

Le parcours de leadership de Maqbool l’a déjà menée à la faculté de médecine de McMaster — une autre étape vers son objectif de servir les autres. Mais cela n’a pas été facile.
« Il m’a fallu de la persistance pour préparer l’examen d’admission, maintenir mes notes et me préparer aux entrevues », dit-elle.

Cette même persistance — poser des questions, faire des suivis et militer pour le changement — est une qualité qu’elle encourage les jeunes à cultiver.

Elle sait par expérience que prendre la parole n’est pas toujours facile, surtout lorsqu’on est nouvelle dans la salle.
« Pour les jeunes femmes, surtout celles issues de milieux marginalisés, poser des questions peut être intimidant », explique-t-elle.
« Mais il n’existe pas de “mauvaise” question. Votre curiosité montre votre engagement et votre passion. »

Maqbool souligne que le leadership n’est pas réservé à ceux et celles qui ont des décennies d’expérience.
« Dans ces grands espaces décisionnels, on peut avoir l’impression que les autres ont beaucoup plus d’expertise. Mais vous en avez aussi — que ce soit en tant qu’étudiant, jeune, personne ayant une expérience vécue en santé mentale ou issue d’un milieu marginalisé. Ces perspectives sont précieuses. En les partageant, vous donnez de la force aux autres et favorisez un véritable changement. »

Représentation et pouvoir du mentorat

La représentation parmi les leaders panasiatiques a également joué un rôle clé dans le parcours de Maqbool. Voir une conférencière portant le hijab l’a aidée à s’imaginer dans ce rôle et l’a encouragée à établir une relation de mentorat.

Elle poursuit cet engagement en défendant les personnes dont les voix sont souvent absentes des espaces de leadership.
« En tant que personne installée sur des terres autochtones, je sais que je bénéficie de certains privilèges. J’essaie d’utiliser cette conscience pour amplifier la voix des autres lorsqu’ils ne sont pas à la table. »

Ses superviseurs à ses emplois à temps partiel ont également été déterminants.
« Ils étaient très flexibles, accommodants et encourageants face à mon double rôle d’étudiante et de travailleuse. » Ils n’ont pas laissé la hiérarchie freiner leur soutien — ils ont vu son potentiel et ont voulu le cultiver.

L’un de ses superviseurs l’a même aidée à participer à une conférence après qu’elle en ait simplement parlé.
« Je suis très reconnaissante envers mes superviseur·es pour ce mentorat, car il m’a permis de gagner en confiance et d’affiner mes compétences en communication. »

Une nouvelle génération de leaders

L’histoire de Samarah Maqbool nous rappelle avec force que le leadership n’a pas d’âge — ni de modèle unique. Il s’agit d’empathie, de service et du courage de poser des questions difficiles. Maqbool démontre que les jeunes ne sont pas seulement les leaders de demain — ils le sont déjà aujourd’hui.

Ascend Canada est fier de soutenir les leaders émergents et d’être une ressource de confiance pour les professionnels panasiatiques à chaque étape de leur parcours — des études au poste de haute direction.