Défense de l’égalité des genres : l’impact de Christine Chen sur la Diversité et l’Inclusion

Défense de l’égalité des genres : l’impact de Christine Chen sur la Diversité et l’Inclusion
Faire progresser l’égalité des genres : l’impact de Christine Chen sur la diversité et l’inclusion

Un avenir plus inclusif commence par des leaders qui ouvrent des portes. En droit, comme dans bien d’autres professions, la représentation compte – non seulement à l’entrée de la profession, mais aussi au sommet, là où se prennent les décisions et où se façonne la culture.

La profession juridique a historiquement manqué de diversité, en particulier dans les échelons supérieurs. Bien que les femmes représentent près de 47 % des avocats au Canada, seulement 38 % des femmes avocates dans le monde occupent des postes de haute direction. Pour les personnes racisées, l’écart est encore plus grand – seulement 8 % des associé(e)s dans les cabinets d’avocats, contre 17 % pour leurs homologues blancs, un chiffre qui a peu évolué depuis dix ans.

Christine Chen, avocate générale de University Pension Plan (UPP), travaille à changer ces statistiques. Lauréate du prix Femme d’exception d’Ascend Canada, Chen est une championne de la diversité, de l’équité et de l’inclusion – et une mentore infatigable auprès des femmes et des professionnel(le)s sous-représenté(e)s qui aspirent à progresser dans le domaine juridique.

Tracer un parcours non linéaire – et trouver sa voie

Le parcours de Chen vers le leadership n’a pas suivi la trajectoire traditionnelle, et c’est en partie ce qui alimente sa vision. Après avoir débuté sa carrière en pratique privée sur Bay Street, spécialisée en droit des régimes de retraite et de l’emploi, elle s’est retrouvée devant un carrefour bien connu :
« Comme beaucoup d’avocat(e)s, je devais décider : rester et viser la voie du partenariat, ou faire autre chose ? »

Elle savait qu’elle ne voulait pas rester, mais ignorait ce qui l’attendait. Un mélange d’événements personnels, d’occasions professionnelles et d’esprit d’aventure l’a menée à un poste chez Deloitte à Londres, en Angleterre – un rôle peu conventionnel dans leur pratique fiscale, qui impliquait de changer de pays, de domaine et de spécialité d’un seul coup.

« Je me souviens avoir pris la décision, puis avoir paniqué, » raconte-t-elle. Un rappel d’une amie – sur la polyvalence et la solidité de la formation juridique – a confirmé son choix.

Chez Deloitte, Chen s’épanouit dans ce rôle non conventionnel, puis se joint à l’un de ses clients, une société de capital-investissement, où elle trouve enfin son « véritable terrain de jeu ». Travaillant du côté acheteur, elle embrasse un travail juridique stratégique qui touche à tous les aspects de l’entreprise – acquisitions, collectes de fonds, expansion, planification de la relève. Des raisons personnelles la ramènent ensuite au Canada, mais sa passion pour bâtir de grandes organisations ne l’a pas quittée.

À son retour, elle commence par faire de la consultation pour un gestionnaire canadien coté en bourse, puis rejoint le conseil d’administration du HOOPP et celui d’un autre organisme sans but lucratif. Mais elle sait qu’elle peut faire plus.

« Il m’a fallu deux ans avant d’arriver à l’UPP, » dit-elle. « C’est le meilleur rôle que j’aie jamais eu. J’ai pu bâtir quelque chose à partir d’une page blanche – une occasion unique dans une carrière. Et le faire avec des gens brillants et bienveillants? C’est le Saint-Graal du travail. »

La diversité au cœur de la collaboration

À l’UPP, Chen dirige une équipe qui ne se limite pas à fournir des conseils juridiques : elle agit comme partenaire stratégique de l’organisation.

« Comme en fusions-acquisitions, rien ne se fait en vase clos. C’est un travail d’équipe. Le succès vient de la collaboration, de la clarté et de l’alignement sur les objectifs. »

Son leadership repose sur cet esprit collaboratif. Elle dirige une équipe chargée de résoudre des problèmes, de partager des idées, d’obtenir l’adhésion des parties prenantes et de répondre à des questions complexes. Chaque membre est encouragé à s’exprimer.

« J’écoute plus que je ne parle. Je veux que les gens utilisent leur voix – c’est ainsi qu’on arrive à de meilleures solutions. »

Lorsqu’elle compose ses équipes, elle recherche cette diversité – pas seulement en genre, en origine ou selon des critères protégés, mais aussi en diversité de pensée.

« Parce que c’est comme ça qu’on obtient un meilleur résultat. »

Au-delà de son rôle quotidien : bâtir des conseils et institutions inclusifs

L’engagement de Chen envers la collaboration et le leadership inclusif dépasse son travail à l’UPP. Elle siège aux conseils de la Trails Youth Initiative et de la Fondation de l’École nationale de ballet du Canada, où elle contribue aussi au comité d’investissement. Dans les salles de conseil comme au bureau, elle valorise la pluralité des perspectives.

L’inclusion ne s’arrête pas à l’embauche

Pour Chen, l’inclusion est un engagement quotidien.

« En tant que femme racisée, je suis attentive à ce que les femmes et les personnes racisées de mon équipe obtiennent leur juste part de mandats stratégiques et visibles. »

Elle déplore que trop de femmes quittent la profession juridique avant d’atteindre les postes de direction, souvent à cause du stress lié à la conciliation travail-famille.

« Une fois que le bassin de talents féminins se réduit, il devient très difficile de faire émerger de nouvelles leaders. »

La solution, selon elle? Offrir un soutien structurel, des ressources adéquates et encourager les hommes à prendre congé parental et à partager les responsabilités familiales.

À l’UPP, elle donne l’exemple, notamment avec un point fixe à l’ordre du jour intitulé Kudos, pour reconnaître publiquement les contributions des équipes.

« L’inclusion commence par l’autonomisation – et ça passe par l’utilisation de sa voix et la reconnaissance de celle des autres. »

Des progrès… mais pas de complaisance

Chen se réjouit des progrès – plus de femmes en haute direction, des équipes plus diversifiées – mais rappelle que le chemin est encore long, notamment pour les personnes LGBTQ2S+, les personnes en situation de handicap et celles aux identités intersectionnelles.

« Les conseils et les équipes de direction (C-suite) restent encore majoritairement composés d’hommes blancs, hétérosexuels, et valides. Ce n’est pas normal. »

Son objectif ultime ? Que l’inclusion ne soit plus un « programme », mais simplement la norme.

S’élever en élevant les autres

Le mentorat occupe une place centrale dans sa philosophie de leadership. Elle le voit comme un levier essentiel pour briser les barrières d’accès aux opportunités de développement et de promotion – particulièrement dans les domaines historiquement masculins comme la finance ou le droit.

Elle s’investit activement dans des réseaux de mentorat formels et informels, comme le National General Counsel Network et Women General Counsel Canada, et encourage les jeunes professionnel(le)s à demander du mentorat sans hésiter.

« Baisser la tête et travailler fort ne suffit pas. Il faut utiliser sa voix. Vous méritez ce mentorat et ces occasions autant que la personne à côté de vous. »

Et lorsqu’il s’agit de revendiquer ses réalisations, elle est claire :

« Il n’y a rien d’arrogant à assumer ce que vous avez accompli. »

Un meilleur avenir, ensemble

L’histoire de Christine Chen, au-delà de sa réussite personnelle, est un modèle de milieu de travail inclusif. Par un leadership stratégique alliant empathie, courage et confiance dans les autres, elle montre ce qui est possible lorsqu’on se présente pleinement, qu’on s’exprime avec assurance, et qu’on crée de l’espace pour que d’autres fassent de même.

Son message – que tout le monde a sa place – est à la fois un encouragement pour celles et ceux qui commencent et un appel à l’action pour les leaders : tracer un chemin plus clair, plus équitable et plus accueillant pour celles et ceux qui suivront.